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    par MICHEL  BENARD

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     Lyliane LParutions/Recensions*9ajoinie – recueil «  Haïkus du sablier »  

    Illustrations Jean-Paul Lajoinie. 

     Editions les Poètes français – 2018 –  63 pages – format 15x21. 

     Ce recueil nouveau de Lyliane Lajoinie « Haïkus du sablier » nous apparaît comme un léger duvet de sérénité s’opposant aux turbulences de la déraison contemporaine. 

    Par opposition à ce contexte, nous nous déplaçons dans un univers sensible et évanescent où la rigueur de l’esprit japonais est présente. 

    Tout ici se résume à traduire spontanément une sensation, à traduire une émotion et aller à l’essentiel de la manière la plus concise qui soit.  

    C’est parler au silence en écoutant la lumière !  

    L’art du haïku n’est pas nécessairement aisé aux poètes occidentaux. Les règles précises ne sont pas applicables à la forme classique occidentale, mais par un travail d’approche en similitude, un résultat concevable est tout à fait possible surtout si, comme dans le cas présent, l’auteur est porteur d’un réel talent.  

    Ecrire des haïkus implique une réflexion, un passage obligé vers l’essentiel.  

    Lyliane Lajoinie qui est assez familiarisée avec les formes de cultures extrême-orientales a réussi à trouver  sa ligne de haïku dans l’esprit de la tradition avec une touche de modernité occidentale. Le mariage est fusionnel, tout comme le cercle zen calligraphié, le haïku tend vers une volonté de perfection, une exigence absolue. 

    Par le haïku, notre poétesse ouvre les portes de la paix intérieure et de l’humilité. Elle doit réapprendre à faire se consumer ses encres, à voir dans la flamme d’une chandelle comme Gaston Bachelard, un nouveau monde.  

    Aux aurores avant de se livrer à sa discipline cryptographique, Lyliane Lajoinie voit peut-être apparaître dans les brumes quelques beaux lilas blancs. Notre amie évoque un retour aux origines, aux douceurs ancestrales, elle peint d’un geste soyeux le ciel, fait des bouquets de dentelles. Les senteurs réveillent le temps, le monde s’efface derrière les nuages et des pétales de roses recouvrent de souvenirs la voûte céleste. Les haïkus font appel à l’indéfini du subconscient où des corbeaux parfois se confondent aux soies noires du soir, aux encens évanescents. Au travers de ses haïkus, Lyliane Lajoinie prend parfaitement conscience que le fleuve de la vie est indéfinissable, que tout passe et s’efface. 

    Les hommes vivent, meurent, mais l’âme demeure ! Mais où ? 

    Le sablier s’écoule ! Le temps se suspend. 

     Michel Bénard. 

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    Thérèse-Françoise Crassous – La promesse de l’âme – 

     Editions les Poètes français. - 2018 – Préface de Christian Malaplate.                                                        43 pages – format 15x21 - 

     Dès l’ouverture du recueil de Thérèse-Françoise Crassous « La promesse de l’âme », un silence s’installe pour laisser place aux songes en pleine liberté, comme est libre l’écriture, solide et construite selon un rythme personnel. 

    Indéniablement, le temps fuit et s’écoule comme l’eau fougueuse du torrent et le questionnement se pose et s’impose sur l’impuissance ou l’insignifiance de « Dieu » quand les hommes sont abandonnés à leur destin. A qui peut-on faire encore confiance ?? 

    La poésie devient ici le levier d’une quête à la recherche d’un temps pas si éloigné qu’il le paraît, mais qui dans la précipitation contemporaine où tout passe si vite, nous semble bien lointain. 

    Par la poésie Thérèse-Françoise Crassous rappelle et honore les âmes envolées ou en errance, une manière pour elle de les habiller de beauté. 

    Notre fidèle  ami et initié en poésie, Christian Malaplate préfacier de Thérèse-Françoise Crassous le spécifie judicieusement, l’auteure cherche l’alchimie de l’être, le sens sacré de l’existence. Vaste réflexion entre philosophie et poésie !  

    Il arrive que les rêves fondent, s’étiolent, mais l’émerveillement demeure au cœur de l’amour de « Dieu » mais éventuellement ou hypothétiquement, que pourrait-il faire sur le genre humain qui depuis l’origine ne parvient pas à s’extirper des ténèbres ? 

    Heureusement la nature est là dans sa beauté et plénitude, elle est le sceau de l’espérance. 

    Souvent notre poétesse se pose la question. Où est le rêve, où est la réalité ? La confusion peut s’installer, qu’existe-t-il entre les deux ? « Lorsque tu songes se confondent les réalités. »       

    La lecture des poèmes de Thérèse-Françoise Crassous nous entraîne dans un tourbillon infini de rêves, d’encre, de semences, d’ombre et de lumière, le tout serti de quelques battements de cœur. 

     Michel Bénard. 

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     Marcel Maillet – recension- «  Entrer dans la lumière des estuaires. » 

                                                   Illustration photo : Agnès Maillet. 

                               Editions les Poètes français – 2017 -  45 pages – Format 15x21 – 

     

    En première lecture, nous avons cette impression de pénétrer dans une légende épique ou mythologique, des images se forment, gravant dans l’imaginaire une fresque, Orphée ou Sapho ne sont pas loin, j’en arrive même à songer à une peinture de Gustave Moreau. 

    L’écriture adopte une certaine modernité, les vers s’avancent, se centrent, se décalent,  ils se libèrent en cherchant une forme d’indépendance typographique. 

    Quelques visions déterminantes, voire prémonitoires retiennent notre attention : « .../... univers d’avant les hommes/ d’avant les dieux/ et auquel nous retournons.../... » 

    L’écriture contient sa propre identité, il est bon de l’investir tel un paysage inconnu. Le souffle de la liberté est incontournable, Marcel Maillet révise le monde, rebâtit le paysage, il ensemence dans une riche expression. Singulièrement, l’intention est volontairement destructrice dans sa conception,  mais la cadence se veut initiatrice. Notre poète sculpte de belles visions, insolites, inattendues, mais gorgées de poésie. Une lecture attentive déclenche l’impression d’un enchainement d’images. 

    Sans doute par prudence, le mysticisme est contenu, une certaine foi est présente mais non citée, tout juste suggérée : « J’entends dans l’air le cristal d’un cantique/ Je laisse unique dans le ciel prier l’oiseau »  

    Mon chemin, trop court avec Marcel Maillet s’arrêtera ici, je vous passe le relais en vous suggérant de partir en migration avec les oiseaux de feu et de neige : « jusqu’aux sphères éthérées de l’éternel. » 

     Michel Bénard. 

     

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     Nicole Dubromer : Recueil  « Impromptu virtuel »  

      Illustrations numériques Nicolas Pierquin.  

     Editions les Poètes français – 2018 – Nombre de pages 65 – format 15x21 

     

    L’histoire évolue patiemment, d’image en image, point par point. Notre poétesse n’y cultiverait-elle pas un peu l’âme d’une Pénélope ?« La vie doucement bascule.../...mais pourtant.../...Je poursuivais ma recherche virtuelle. »   

    Nous découvrons une poésie quelque peu narrative, imprégnée d’une certaine innocence et d’un émerveillement qui nous revient du jardin de l’enfance. Nicole Dubromer compose sa poésie à la plume de l’authenticité, un peu comme Douanier Rousseau réalisait son tableau, Cheval son palais idéal et Tatin son œuvre brute et symbolique.  

    Elle interroge la vie au prisme de ses songes qui font naître des intuitions où se cueille un peu de beauté. De cet imaginaire se nourrissent des paysages singuliers recouverts de chants d’oiseaux. 

    La beauté selon Nicole Dubromer est un bienfait pour l’humanité, entre l’âme et l’esprit, elle y cultive la part des anges. « La recherche de la beauté est une connivence entre l’humain et le divin. » 

    Elle s’étonne toujours de la première heure du jour, s’exalte de la vie recommencée, se grime et s’enivre de poésie. 

    Elle aime tout simplement la vie et l’indépendance, en cela je lui donne blanc-seing. 

    La vie, les hommes, l’espérance sont irrémédiablement liés à la nature qui nous donne les plus belles leçons de sagesse qui soient.    

    Entre ces humbles lignes, c’est un cœur en souffrance en quête de devenir et d’amour que nous découvrons. 

     Michel Bénard. 

     Parutions/Recensions*5

     

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