• c'est l'HIVER

     

     

    c'est  l'HIVER

    c'est  l'HIVER

     JEANNINE  BURNY

    Jeannine Burny s’est éteinte à l’âge de 95 ans. Elle était la compagne et la muse du poète wavrien Maurice Carême. Elle était également la présidente de la Fondation qui porte son nom et qui fêtera le mois prochain ses 45 ans.

    Jeannine Burny était une figure familière du microcosme littéraire belge, déployant passion et énergie pour faire (re)connaitre et aimer l’oeuvre de Maurice Carême (1899-1978). Du poète, elle aura été la secrétaire, la compagne et la muse – il lui consacra notamment le recueil La bien-aimée (1965).

    Elle est ensuite devenue présidente de la Fondation Maurice Carême, qui fête ses 45 ans cette année et dont la mission est d’ « assurer et promouvoir la diffusion continue de l’oeuvre de Maurice Carême ainsi que l’étude de celle-ci et de la personnalité de son auteur« . Sous la houlette de Jeannine Burny, le musée Maurice Carême, situé à Anderlecht, s’est imposé comme l’une des maisons d’écrivain les plus dynamiques de Belgique et les prix littéraires décernés par la Fondation ont soutenu à la fois des travaux sur l’oeuvre de Maurice Carême et des poètes belges d’aujourd’hui. Dans le même temps, la Fondation a réalisé un important travail de promotion de l’oeuvre de Maurice Carême, tant par des animations scolaires que par un important travail d’édition.

    Jeannine Burny elle-même a signé en 2007 Le jour s’en va toujours trop tôt. Sur les pas de Maurice Carême aux éditions Racine, livre où elle évoque la figure du poète, son travail et leur histoire commune.

    Le Cénacle européen de poésie, arts et lettres lui avait attribué le Prix Pétrarque 2009.

     

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    c'est  l'HIVER

     

     

     

    Matin de décembre

     On s'éveille

    du coton dans les oreilles

    une petite angoisse douce

    autour du cœur, comme mousse

    c'est la neige,

    l'hiver blanc

    sur ses semelles de liège

    qui nous a surpris, dormant.

     Guy-Charles Cros 

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    Décembre

    Un brouillard épais noie

    L'horizon où tournoie

    Un nuage blafard,

    Et le soleil s'efface,

    Pâle comme la face

    D'une vieille sans fard.

    La haute cheminée,

    Sombre et chaperonnée

    D'un tourbillon fumeux,

    Comme un mât de navire,

    De sa pointe déchire

    Le bord du ciel brumeux.

    Sur un ton monotone

    La bise hurle et tonne

    Dans le corridor noir :

    C'est l'hiver, c'est décembre,

    Il faut garder la chambre

    Du matin jusqu'au soir.

    Les fleurs de la gelée

    Sur la vitre étoilée

    Courent en rameaux blancs,

    Et mon chat qui grelotte,

    Se ramasse en pelote

    Près des tisons croulants.

     Théophile Gautier

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    L'ennemi 

    Il y aura toujours dans l'automne   

    Une pomme sur le point de tomber.

     

    Il y aura toujours dans l'hiver 

    Une fontaine sur le point de geler.

    l'ennemi

    Nous le connaissons.

     Eugène Guillevic

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    La bise

     Va-t'en, me dit la bise,

    C'est mon tour de chanter.

    Et tremblante, surprise,

    N'osant pas résister,

     

    Fort décontenancée

    Devant un Quos ego,

    Ma chanson est chassée

    Par cette Virago.

     

    Pluie. On me congédie

    Partout, sur tous les tons.

    Fin de la comédie.

    Hirondelles, partons.

     

    Grêle et vent. La ramée

    Tord ses bras rabougris ;

    Là-bas fuit la fumée

    Blanche sur le ciel gris.

     

    Une pâle dorure

    Jaunit les coteaux froids.

    Le trou de ma serrure

    Me souffle sur les doigts.

     Victor Hugo 

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    Couchant d'hiver (extrait)

     Quel couchant douloureux nous avons eu ce soir !

    Dans les arbres pleurait un vent de désespoir,

    Abattant du bois mort dans les feuilles rouillées,

    A travers le lacis des branches dépouillées

    Dont l'eau-forte sabrait le ciel bleu-clair et froid,

    Solitaire et navrant, descendait l'arbre-roi.

    Ô Soleil ! l'autre été, magnifique en ta gloire,

    Tu sombrais, radieux comme un grand Saint-Ciboire,

    Incendiant l'azur ! A présent, nous voyons

    Un disque safrane, malade, sans rayons,

    Qui meurt à l'horizon balayé de cinabre,

    Tout seul, dans un décor poitrinaire et macabre,

    Colorant faiblement les nuages frileux

    En blanc morne et livide, en verdâtre fielleux.

    Vieil or, rose fané, gris de plomb, lilas pâle,

    Oh ! c'est fini, fini ! Longuement le vent râle,

    Tout est jaune et poussif ; les jours sont révolus,

    La Terre a fait son temps ; ses reins n'en peuvent plus.

     Jules Laforgue

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