• Parutions/Recensions*14

     

     

     

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    Parutions/Recensions*5

    Parutions/Recensions*5

    14

    Dernières parutions de nos membres parmi de très nombreuses parutions à nos Éditions

    (recueils avec recensions*14)

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    Parutions/Recensions*11

    par MICHEL  BENARD

    Lauréat de l’Académie française.
    Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.
    Poeta honoris causa.

     

     

    Parutions de nos membres

     

    Parutions/Recensions*6

     Parutions/Recensions*5

    Parutions/Recensions*14Timothée Bordenave – L’or des jours – recension 

    Editions les Poètes français – 2021-  format 14 ½ x 21 – nombre de pages 49 -

    Première de couverture photo de l’auteur.

    Ce dernier recueil de Timothée Bordenave « L’or des jours » s’ouvre sur une préface-dédicace quelque peu hermétique où les « dieux » du Panthéon s’invitent. Cette poésie se voulant de forme classique se révèle être surtout des plus narratives. La poésie de Timothée Bordenave nous place au cœur d’aventures diverses et variées. Nous sommes transportés sur le galion d’un pirate avec toutes les inconnues que nous pouvons imaginer. Pour nous retrouver dans une forêt bruyante et mystérieuse aux multiples oiseaux colorés et animaux, « chef d’œuvre » de la nature comme nous le dit notre poète. Nous sillonnons aussi sur les chemins de la foi et d’une philosophie indéfinie. Timothée Bordenave est un rêveur qui se plait à imaginer de vieux châteaux où rôde encore le loup du Cap Ferret. Le cours de la vie n’est pas toujours aussi simple qu’il ne le parait et le poète se retrouve confronté à la violence, à la rivalité et avoue souhaiter des mœurs plus lisses. Voici une poésie pour le moins assez concentrée sur elle-même avec son auteur au cœur des textes. « Lisez-moi ! Ce qu’il vous faut pour passer l’hiver, / C’est un Timothée, mage aux mots, chevalier d’encres... » 

    Michel Bénard.

      Parutions/Recensions*5

     

    Parutions/Recensions*14Recension : Arlette Rives – « En l’écume des rêves » –

    Illustrations : Adrien Rives
    Editions les Poètes français – Paris – 2021.
    Format 14 ½ x 21 – Nombre de pages 45.

    Par le simple effet de son titre « En l’écume des rêves » Arlette Rives nous plonge dans une sorte de nostalgie de la rêverie teintée d’une pertinente réalité. Le ton est donné, il repose sur un souvenir rattaché à Fédérico Garcia Lorca. Le poème ici peut se substituer à un tableau, il crée des images imparfaites où les mots jouent entre eux, s’interpellent, se répondent, se complètent en colorant la vie. L’ouvrage s’ouvre sur un certain vague à l’âme, ambiance de temps fuyant, noyé dans de mystérieuses brumes. Ces poèmes se font le constat d’un monde cynique, désespérant composé de fer et de boue générant des cris dans le silence. Nous percevons que derrière notre poète demeure l’esprit d’une image d’ombre et de lumière. Ainsi c’est avec bonheur que nous découvrons au fil des pages les illustrations soignées du peintre Adrien Rives. Notre poète nous laisse entendre que le monde est un théâtre, une pantalonnade, une parade de bouffons. Les textes sont parsemés d’images délicates et métaphoriques qui portent à une réflexion sur la condition humaine. Arlette Rives porte en elle beaucoup de sensibilité qu’elle parvient à transmettre au travers de la dualité du réel. Le constat se veut pertinent, authentique et lucide, parfois terrifiant. Nous sommes sensibilisés par l’expression révélatrice d’Arlette Rives, elle touche à cœur et au cœur. Les exemples sont pléthores et nous transportent de la larme d’un violon à un rêve de lumière. Cette poésie tourbillonne comme une sorte de chorégraphie verbale se terminant dans une envolée, une sorte d’entrechat. Arlette Rives caresse la lune et le sable phosphorescent qui creuse le lit de l’amour, et demeure fidèle à son désir d’aimer. Elle sait sa poésie forte comme la vague et fragile comme l’écume. Femme d’expérience, elle a conscience que de l’amour, souvent naissent les désamours, mais elle sait aussi que la poésie est son plus beau chant de vie.

    Michel Bénard.

      Parutions/Recensions*5 

     

    Parutions/Recensions*14Recension : Alix Lerman Enriquez – Tombée du ciel – 

    Editions les Poètes français – 2021 –

    Première de couverture illustration photographique.

    Format 15x21 – nombre de pages – 36 –

     Très active au sein de notre société, Alix Lerman Enriquez ne manque pas pour autant d’une belle et sensible qualité poétique. Son dernier recueil « Tombée du ciel » en est le meilleur exemple. Le poète nous viendrait-il d’une autre galaxie de laquelle il serait tombé en s’étonnant de se retrouver dans le labyrinthe terrestre ou plutôt dans le chaos de la vie. Alix Lerman Enriquez nous propose une errance bucolique rythmée d’une mélodie poétique teintée de nostalgies, de rêves, de semences et de graines de lavande. Cette poésie simple, libérée, irrégulière qui s’enivre d’espaces autonomes, nous permet d’aborder un monde imagé, parfois froissé, blessé entre la beauté et la désolation. Il flotte entre ces vers irréguliers, un parfum de nostalgie, de larmes marines et de pleurs d’enfances, pourtant le soleil y brille toujours du levant au couchant. Les souvenirs se confondent au silence allant parfois jusqu’à la dramaturgie, jusqu’à la nudité des corps et de l’âme, pour un amour noyé dans les larmes. Au poète tout est possible, tout est permis, il lui faut peu de choses pour écrire, une feuille de figuier, un coquillage encrier, une plume d’oiseau pour composer un paradis. Nous finissons par être envoûtés, transportés dans un monde aux paysages inconnus, une symphonie végétale, animalière enluminée par l’orbe lunaire où le lecteur se laisse surprendre. De délicates images poétiques aux douces senteurs de bois, de résine, de lavande et de glycine se succèdent. Alix Lerman Enriquez nous propose tout naturellement une promenade sur les chemins hasardeux de l’existence, elle joue avec les métamorphoses du monde : « L’aube est devenue aurore / Et les mouettes devenues des colombes. » Son univers est plongé au cœur des énigmes de la dualité. Le poète soulève toujours cette éternelle question de l’enfant qui devient adulte et découvre : « les restes brulés de l’innocence. »    

     Michel Bénard.

     Parutions/Recensions*5

     Parutions/Recensions*14Yves ROUSSEAU – « Glisse ma plume… Passe l’instant ! » –

    Editions les Poètes français – 15x21 – Nombre de pages 81 – 2021 

    Couverture photographie composition de l’auteur. 

     Lire Yves Rousseau est un plaisir, l’écriture est soignée, fluide, les sujets traités sont simples et nous appartiennent, mais ils sont chargés de l’essentiel de ce qui fait sens. Saines évasions en terres familières. De Watteau à Hugo la promenade se teinte de romantisme. Avec pour plume préfacière celle de Véronique Flabat-Piot, tout est déjà dit ! Pour peu je poserais bien un point sur mon papier, mais réflexion faite, je prendrai les chemins de traverse, ceux où flottent quelques parfums insolites. Voici une poésie classique, de vocabulaire choisi, qui possède tous les ingrédients d’une sauvage liberté où le temps s’étire au fil d’un signe astral. Ce temps qui passe mérite bien un plaidoyer. Aguerri, le poète pourtant s’interroge sans cesse, le mystère de l’écrit l’envahit. Au fil de l’existence, il faut savoir se faire de l’amour des petits cadeaux, car l’insolent part toujours trop tôt. Les amours blessées se font graines de désillusion. Quel que soit l’horizon de l’amour, il est beau, vrai, aussi fragile soit-il. Les sujets les plus intimes, les plus délicats, soulèvent souvent la risée, pour finalement devenir beaux, grands et nobles. Yves Rousseau porte en lui les valeurs de la confrérie, il est bon de se reconnaitre parmi les autres poètes. Le souvenir de l’ancien se glisse entre les vers, celui qui ne parle pas, le « taiseux », qui pourtant a laissé une partie de son âme dans les boyaux boueux du Chemin des Dames, dans la grotte du Dragon ou aux Eparges du côté de Verdun, notre poète ne l’oublie pas.  Souvenirs aussi du contingent, à vingt ans, pour une guerre d’Algérie qui ne disait pas son nom. Les amis et ceux qui ne sont plus. C’est un plaisir de voir notre aède s’aventurer sur les sentiers de la poésie libérée, petite bouffée d’oxygène lorsque les vers classiques flânent sur le chemin des écoliers. J’aime beaucoup aussi lorsqu’Yves Rousseau parle « d’œuvrier» à propos du sculpteur, du charpentier, du maître verrier, etc., c’est une digne manière d’anoblir l’intelligence de la main. Que dire de l’écriture, elle est celle d’un joaillier, d’un bateleur de mots. Yves Rousseau use de la dérision, l’âge nous joue des tours, il faut savoir l’accepter faute de pouvoir les déjouer. Notre poète met dans l’écrin d’un sonnet quelques banalités du quotidien, anecdotes, histoires de vie, secrets de famille bien gardés, comiques ou dramatiques. C’est ici que je refermerai le recueil, sur des rêves de femmes qui passent et faute de raisons s’enfuient au-delà l’horizon. Que ce soient, Line, Marie ou bien Suzon.

    Michel Bénard. 

    Parutions/Recensions*5 

     

     

    Parutions/Recensions*14

    Véronique Lévy Scheimann« Dessiner un ailleurs »

    Editions les Poètes français-2021- format 15x21 – nombre de pages 61.

    Illustrations de l’auteure.

    Fidèle à sa plume et son pinceau, Véronique Lévy Scheimann nous propose aujourd’hui son dernier ouvrage « Dessiner un ailleurs ». Elle est une artiste passionnée pratiquant la double discipline de l’art graphique qu’elle associe à l’expression stylographique, belle manière de pouvoir exprimer et jumeler ses ressentis. Poésie de l’ordinaire et du quotidien, les textes sont souvent assez courts, sertis de notes brèves fortes de constats sociaux. Poésie et peinture sont chez Véronique Lévy Scheimann comme un baume aux effets salvateurs, les pinceaux s’expriment nerveusement et les mots hurlent le silence de la pensée muselée et une histoire malheureuse. Nous découvrons des textes qui pourraient très bien être des messages codés ou des points de repère sur la route de la vie. Cette poésie nous place dans l’observation, le constat d’un monde peu rassurant tout en nous invitant au voyage, à la découverte de l’ailleurs. Le poème ici peut devenir un jeu en ce monde régenté au-delà de la normalité, à ce point que notre poétesse manœuvre à sa façon par dérision sur le « clic & collecte ». Indéniablement nous nous orientons vers une autre époque, une autre forme de vie de plus en plus formatée et numérisée. Sorte de « liberté surveillée ». Autres temps, autres mœurs ! Véronique Lévy Scheimann éprouve ce besoin de saisir les choses simples, celles du quotidien ordinaire pour essayer de leur restituer une once de beauté. Chez elle tout est naturel, instinctif, elle sème patiemment ses petites graines chimériques en portant sur le monde un regard à la fois embrasé et innocent. Ce regard est assez touchant, il est celui de l’enfance, souvent elle le peint à la manière des artistes dits « singuliers » ou dans les turbulences de « l’art brut ». Je voudrais « peindre les mots » nous dit-elle, ainsi joue-t-elle avec les nuances mêlées de sa palette. Conclusion, pour Véronique Lévy Scheimann peinture et poésie lui donnent les moyens de prendre son envol pour des « lieux vêtus de bleu. »  

    Michel Bénard.

    Parutions/Recensions*5 

    Parutions/Recensions*14Sylviane Blineau – « Si la nuit... » Recension.

    Editions les Poètes français -  2021 –

    Format 15x21  

     L’auteure Sylviane Blineau poursuit avec régularité son cheminement en terre de poésie où nous croisons de singulières images aux signifiantes métaphores. Au travers de son dernier recueil, cette dernière nous offre une poésie qui s’avance à pas de velours un peu à la manière du chat pour prendre possession de l’espace. Ici un grand silence bleu, la lumière nous vient de la nuit. Afin de mieux nous transporter, les textes se veulent irrémédiablement libres, l’entrave n’est pas de mise. Voici une écriture qui nous impose sa forme, ses nuances, enveloppée d’un certain mystère. Cette poésie porte un petit parfum d’hermétisme. Sylviane Blineau nous suggère une errance dans les mystères de la nuit. Dans des cadences brisées, des degrés irréguliers, notre poétesse part en quête d’une lumière dans la nuit, sorte de note d’espérance qu’elle découvre au petit matin. Poème à énigmes où le temps passe sans concession. Les vocables riches et inusités déroutent parfois le lecteur en le plongeant dans une espèce d’obscurité. Parfois nous avons cette impression de nous embarquer sur une arche égarée dans la ténèbre. La nuit est le fil d’argent de ce recueil, rien ne lui échappe, elle veille en maitresse du mystère dans l’espérance d’y croiser le « nombre d’or.» Sans nul doute Sylviane Blineau a besoin de rêve, en conservant les couleurs des encres de l’enfance au bout de ses doigts pour colorer sa nuit. Ah ! « Si la nuit... »« Quelque part, il me semble, une étoile m’est destinée. »

    Michel Bénard.     

    Parutions/Recensions*5

     

    Parutions/Recensions*14Recension : Salvatore Gucciardo « L’aube de cristal »
    Editions les Poètes français – 2021 –
    Préface Elisabeta Bogatan – Postface Michel Bénard.
    Format 15x21 – Nombre de pages 61 -

    Les plus grands spécialistes de l’art visionnaire, de la démonologie ne s’y trompèrent pas, tous reconnurent très vite en Salvatore Gucciardo un artiste habité par les plus hautes inspirations et interprétations des univers parallèles. L’ensemble de l’œuvre contenant une telle densité d’expression symbolique, je ne me concentrerai succinctement que sur le dernier recueil en prose poétique que nous propose Salvatore Gucciardo « L’aube de cristal ». Le peintre-poète se confond à cette grande éclosion, à cette folle germination, à ce souffle d’énergie universelle, à l’alchimie éternelle. Salvatore Gucciardo est une sorte de pèlerin qui plonge dans le vaste théâtre de l’existence et qui ne rêve que d’une belle harmonie humaine, sorte d’idéalisation de la pensée des Lumières. Salvatore Gucciardo ne se cantonne pas dans les religions ni les dogmatismes, non, son regard porte plus haut, chez lui les espaces de la création sont libres, l’imaginaire médiumnique prédomine L’image de « Dieu » est bien souvent faussée, détournée, désacralisée. Salvatore Gucciardo est un pionnier, il s’engage toujours sur des voies inconnues, vierges des souillures humaines, il cherche le grand arbre mystique ou alchimique, il se nourrit à ses racines symboliques. Il est l’Architecte, bâtisseur, poète, artiste, protecteur et bienfaiteur, l’homme sage porteur de lumière « Porte-drapeaux de tous les peuples » luttant contre l’obscurantisme et ses déviances.


    Michel Bénard

     Parutions/Recensions*5

     

     

    Parutions/Recensions*14Recension : Yannick Resch – « Etreindre la lumière » -
    Editions les poètes français 2021-
    Illustration de couverture Véronique-Louise Perchaud.
    Format 15x21 – Nombre de pages 65 .


    Vivre la lumière et le temps dans une osmose, tel est le fil conducteur du dernier recueil de Yannick Resch « Etreindre la lumière ». À la lecture du premier poème, allant à l’essentiel, je ne peux m’éviter de penser aux théories et principes de la lumière émanant du noir selon le peintre Pierre Soulage. D’où l’importance de placer de la couleur sur les différentes phases de la vie. Les textes se rapprochent du minimalisme, les vers sont épurés à l’extrême se résumant à deux ou trois mots, un seul parfois, ce qui donne au texte une densité personnalisée. Yannick Resch se situe grâce à l’écriture dans une sorte d’observance où elle mesure les énigmes naturelles de la vie. La quête du temps est omniprésente, elle se voudrait rassurante, mais nous plonge dans l’angoisse de ce sable s’écoulant, alors que l’homme par principe aime bien diriger et gérer sa vie, pourtant elle lui échappe. Nous sommes confrontés à une sorte de mise en scène où le poète devient l’acteur principal face à son monologue. Par son expression poétique, Yannick Resch se laisse emporter prudemment dans les sillages de Philippe Jaccottet, François Chen, Yves Broussard etc… Yannick Resch s’attache aux choses simples, son cheminement se compose de multiples fragments éphémères, car nous revenons immuablement à la symbolique du temps fuyant irrémédiablement. Les dialogues ou soliloques prennent toute leur densité dans les visions de la nuit. Peut-être est-ce dans la nuit que les poèmes se délient, se libèrent et jouent avec l’inconnu. Si l’on se retourne, il est parfois possible de mieux percevoir les blessures oubliées, de retrouver les traces du temps perdu, de regrouper les souvenirs, s’étonner des semences de la nuit pour mieux s’éblouir dans les premières lueurs du jour. Un mot peut devenir terrifiant et détruire ce qu’il nous reste de silence caché dans le bleu de notre sérénité. Les mots nous surprennent, s’enchainent et nous libèrent des ténèbres. Par le verbe notre poétesse part en quête de la lumière, ses écrits minimalistes nomment l’évidence avec noblesse. Par le poème et d’un geste délicat, Yannick Resch apprivoise l’ineffable. Par la poésie elle atteint l’irréel, effleure l’étonnement en se disant, mais c’est incroyable, j’écris et je suis encore vivante.


    Michel Bénard.

    Parutions/Recensions*5

     

     Parutions/Recensions*14Recension : Christina Melkonian – Recueil de guérison karmique –

    Editions les Poètes français – 2021 - Format 14 ½ x 21 - nombre de pages 45.


    Ce sera le « Miserere » d’Allegri qui me guidera dans la lecture du poignant et singulier recueil de Christina Melkonian « Recueil de guérison karmique » libre de son écriture .Il y a dans la poésie un acte de renaissance avec un besoin de fusion d’amour. L’ouvrage de notre poétesse demeure tout à fait dans cet esprit. Voici une poésie qui nous porte loin ! Et si la poésie était là pour nous reconstruire, pour cautériser les blessures, adoucir les fractures, la fatigue, les ruptures des scènes fragmentées de la vie. Au travers des vicissitudes de l’existence, l’amour même fané peut resurgir d’un cœur en jachère. L’image d’un miroir peut parfois réveiller les empreintes d’un songe effacé et restaurer l’espoir que l’on croyait perdu. Faut-il voir en la poésie une sorte de confiteor, un mea culpa pour le temps d’un renouveau, pour un avenir de félicité. Cependant c’est une poésie qui nous conduit parfois vers des paysages infinis parés de beauté. Au fil de nos errances poétiques avec Christina Melkonian nous croisons des tourbillons d’amour, des caresses de plaisir où cette dernière s’abandonne dans un ultime élan passionnel. Laissons-nous emporter tout en demeurant attentif à ses confidences. Cet ouvrage peut nous servir de guide, nous aider à mieux franchir les obstacles qui ne manquent jamais de nous entraver. Il s’avère nécessaire de prendre garde aux jugements hâtifs, éviter les regards trop rapides, se méfier des idées préconçues portées sur les seules apparences et ne jamais oublier l’erreur souvent fréquente du premier jugement. Ici la poétesse ne se nomme jamais, ou rarement, s’adresse toujours à l’autre et parle à la troisième personne, elle demeure dans la confidence, le murmure, l’effacement. Une manière pudique de s’effacer en se masquant derrière les poèmes. Poèmes qui parfois nous font traverser des zones opaques, sombres, teintées de rancœur, mais vite écartées cependant par les lueurs d’espérance dressées vers un renouveau. Il est des instants de félicité qu’il faut préserver avant de regretter de les avoir négligés. Ces vers ne sont pas sans laisser transparaitre quelques nuances mystérieuses, quelques signes énigmatiques insérés dans le Verbe. Prenez le temps de vous imprégner de cette poésie contenant des vibrations qui pourraient bien prendre la forme de prières, d’instants de grâce.


    Michel Bénard

    Parutions/Recensions*5

     

    Parutions/Recensions*14Recension : « Encre et pigments. » Eliane Hurtado & Michel Bénard
    Editions Les Poètes Français –
    Préface d’Hafid Gafaïti –
    Edition de luxe - Format 22x22 – Nombre de pages 159 - Couverture cartonnée- Papier glacé –
    75 illustrations d’ Eliane Hurtado & 75 poèmes de Michel Bénard.


    Peindre les mots. Écrire les couleurs. Et par les uns et les autres sceller le mariage du tableau et du poème, donner forme à l’intime. Et de l’intime invoquer l’universel, toucher l’un pour se fondre dans le Tout. Tel semble le projet de ce beau livre à quatre mains où les textes de Michel Bénard rencontrent les peintures d’Éliane Hurtado. Telle semble la démarche où se tiennent ensemble entre le soleil et la nuit, où s’accompagnent en chemin le poète étoilé inscrivant sa voix et l’artiste habitée sublimant le monde. Cette production commune nous est donnée en offrande en même temps qu’elle marque un stade important de leurs collaborations au fil du temps et des œuvres. En effet, par le passé, les deux créateurs ont travaillé ensemble ou en relation l’un avec l’autre, Michel Bénard présentant les créations artistiques d’Éliane Hurtado, cette dernière « illustrant » certains de ses recueils ou prêtant sa palette aux couvertures des livres du poète. Dans cette œuvre écrite et peinte en dialogue, les poèmes de Michel Bénard vont à la rencontre des peintures d’Éliane Hurtado. De même, les créations d’Éliane Hurtado se déclinent en chuchotements, en étincelles ou en explosions dans les sillons des mots de Michel Bénard. Ainsi, le poète traque les routes de l’artiste et la peintre explore les sentiers du sculpteur des mots. Cela nous donne un livre d’une richesse insoupçonnée tant par les thématiques que par les mouvements de ses composantes, un livre né de la rencontre des élans les plus personnels et des questionnements qui touchent et interpellent tout être humain. Preuve est une nouvelle fois faite que les poètes peignent et tracent avec les mots et le temps, que les peintres expriment et marquent par les couleurs et l’espace et que poésie et peinture s’étreignent comme s’étreignent les arts et les amants. Cela se donne à voir autant dans le corps des poèmes et des peintures qui habitent et habillent ce livre que dans l’équilibre qui les lie et le face à face égal qui les unit dans la différence et l’harmonie, la confrontation parfois, toujours dans la proximité et la solitude de la liberté. L’on attendait depuis longtemps une telle publication, une œuvre aussi profonde et belle par son art et son humanisme contagieux.
    Cette création à quatre mains est un événement à saluer et à partager avec la même intensité, la même passion et le même plaisir de créer qui animent le poète et l’artiste. En espérant d’autres cailloux de lumière sur le sentier de la nuit…

    Hafid Gafaïti – professeur de lettres- poète – écrivain -

    Parutions/Recensions*5

    Parutions/Recensions*14Recension : Christian Malaplate – Je viens des bords de l’oubli –
    Editions les Poètes français –
    Illustration de couverture photographie de l’auteur. Tympan roman de l’église Abbatiale Sainte – Foy de Conques « Le Christ en gloire »
    Format 14 ½ x 21 – nombre de pages 87 - édition 1 er trimestre 2021 –

    Il me fallait bien les psalmodies grégoriennes des moines bénédictins de l’Abbaye de Solesmes pour m’imprégner de la poésie de Christian Malaplate.
    Ainsi qu’il en est fréquent chez cet auteur, ce dernier ouvrage « Je viens des bords de l’oubli » prend la forme d’un chemin initiatique. Il se fait déchiffreur des grandes énigmes d’une humanité en pleine mutation.
    Tenter de franchir la poésie de notre ami équivaut un peu au principe d’une rivière que nous traverserions à gué, pour aller d’images en images, plus révélatrices les unes que les autres.
    Le parcours se veut initiatique, guérisseur de lumière, déchiffreur et à la fois alchimiste.
    Afin de donner à ses textes une plus grande densité, le poète Christian Malaplate teinte et rehausse son écriture d’un parfum essentiel. À l’instar des pèlerins il prend sa besace et nous entraine sur les chemins de l’alliance, mais également aussi celui des éraflures et des blessures. Ici et là nous croisons et ressentons certaines vibrations mystiques, sorte de quête d’espérance, d’innocence et de pureté. Tous les ingrédients de la contemplation sont comme des recettes de cuisine rassemblées dans de vieux carnets écornés. La narration prend souvent le pas sur la poésie, nous composant ainsi un cocktail détonnant.
    « Il n’y a pas d’odeur d’encens dans ma prière juste mes mains ouvertes.../... »
    Christian Malaplate est un poète mystique, un voyageur de l’absolu ayant laissé sa robe de bure au mur de la liberté.
    « J’écris pour me rapprocher lentement du pays où l’on n’arrive jamais. »
    Nous plongeons dans un espace de laïcité mystique aux nuances contemplatives. Le Verbe joue ici son rôle initiatique en égrenant ses citations. Ce dernier ouvrage fourmille de perles de beauté, d’éveil et de bon sens, le tout serti de vérité s’élevant dans des volutes d’encens imaginaires. Le dialogue s’installe et se lie aux éléments naturels, lacs, vents, arbres, etc. Véritable florilège de visions épurées, lumineuses et multicolores.
    Osmose et transcendance s’installent parmi les mondes masqués et les intimes parfums de la vie, nous rencontrons une réactivité animiste où tout ne fait plus qu’un.
    « Les jours brûlants j’écris dans le livre des choses cachées.../... »
    Il faut parfois savoir se mettre en marge des paroles fugitives afin de ne pas se disperser pour retrouver l’authenticité de son intériorité.
    Christian Malaplate pénètre la poésie à pas feutrés, il se fond dans les éléments, les couleurs et les particules de la vie.
    La voix est un pollen pouvant féconder le monde où il est nécessaire de décrypter les silences.
    « Souvent les mots germent la nuit et se cueillent dès l’aube. »
    Dans la vie comme dans l’acte d’écriture, il faut oser se dénuder, se dépouiller, pour ne retenir que l’essentiel. Il faut évider comme le sculpteur le fait avec ses œuvres. Il flotte dans l’œuvre de Christian Malaplate quelques senteurs d’origine, quelques mirages de pays disparus.
    Oui il s’agit bien là d’une poésie entretenant un lien avec l’éternel, sorte de sanctuaire entre les racines d’une fleur et le sillage embrasé d’une comète.
    « Les cieux sont profonds mais on voit encore l’arche d’alliance.../... »
    Il me semble judicieux de souligner que dans ce recueil particulièrement la femme n’est jamais bien loin, et le simple fait de l’estomper avec subtilité lui donne encore plus de densité, plus de présence.
    « Je cherche tes lèvres. J’ai soif de cette brulure d’amour. »
    La femme aimée ici prend l’apparence d’une révélation luminescente.
    « Ma douce, ma lumineuse.../... »
    L’œuvre de l’excellent poète Christian Malaplate serait bien incomplète si l’on ne voyait pas se profiler la silhouette d’une femme rehaussée de poudre d’amour, énergie vivifiante de toute bonne poésie.
    Oui ce recueil « Je viens des bords de l’oubli » est une résurgence d’un espace privé, celui de l’amour. Pour l’amour l’environnement s’irise, s’enrichit d’émotions et vibrations jumelles.
    L’amour chez cet aède est une caresse des vents, ceux-là mêmes qui nous invitent au grand voyage, à l’avancée vers l’inconnu.

    Michel Bénard.

    Parutions/Recensions*5

                                                

    Parutions/Recensions*14

     

    Recension : Jean-Pierre Paulhac – « Traces d’étoiles. » -
     Introduction de l’auteur.
      Illustration de couverture Sophie Lacube.
      Format 14 ½ x 21 – Nombre de pages 59. Editions Les Poètes français – 2021

     Ainsi aujourd’hui notre fil d’argent sera ces  « Traces d’étoiles » que disperse sur nous, tel le          semeur, Jean-Pierre Paulhac. L’unique intention de notre poète est de rendre un humble hommage à Léonard Cohen et Bob Dylan, deux figures tutélaires qui ne sont en aucun cas à imiter, mais à transcender au gré des ressentis et des émotions partagés tout au long d’une vie. Le poète Jean-Pierre Paulhac annonce d’emblée la couleur, donne le ton et met les choses à leur place. Je cite : « Ce ne sont surtout pas des traductions. Je ne veux ni ne sais faire cet exercice. Ce ne sont pas non plus des adaptations. Pas de réécriture du même texte, pas de paraphrase de l’amateur de poésie sur les vers du maitre. Donc pas de procès en forfaiture. En compagnie de notre poète Jean-Pierre Paulhac, engageons quelques pas avec Bob Dylan. Partons vers une aventure intérieure caressant le cœur, mais la question se pose, pour une nouvelle aube, le poète est-il bien parti ?  Sait-il même en cette aurore s’il est revenu ? Le poète affronte quelques brisures insolentes, il ne croit plus aux marchands de bonheur, aux promesses oubliées, aux sirènes enjôleuses, alors provisoirement il ferme sa porte. Jean-Pierre Paulhac a trouvé en Bob Dylan une terre commune et fertile où dans des bleus de blues le soleil du Congo et les eaux du Mississippi se remettent à briller et à miroiter. Autre compagnon de route, frère de cœur, flamme jumelle, Léonard Cohen est lui aussi un vecteur d’images d’amours résurgentes qui pourraient très bien porter le prénom de « Suzanne, » ici encore les chemins de la vie se mêlent, s’imbriquent. La musique et la poésie reprennent leurs droits, les mots, les vers, les notes, la danse se réunissent sur les décors naturels d’un théâtre romain, donnant un prolongement à la vie. L’existence, l’amour, l’utopie, l’imaginaire nous jouent des tours désopilants et pendables, au point que parfois nous ne savons plus si nous sommes les acteurs ou les spectateurs de nos vies. L’amour toujours et encore figé sur une photo jaunie, amour sans nom ayant perdu la mémoire : « Où gît ce que j’ai cru notre amour. » Alors, en touche finale, il arrive qu’un soir de blues l’on fasse l’inventaire de ses hôtels miteux, de ses refuges interlopes, de ses ports de hasard et il ne reste plus qu’à graver sur les draps froissés de la destinée quelques « Traces d’étoiles » autour d’un visage sans cesse redessiné.

    Michel Bénard.

    Parutions/Recensions*5 

    Parutions/Recensions*14Recension : Gilles Simon –  « Un cœur résolu » – 

    Editions les Poètes français –  3 -ème trimestre 2021. 

    Format 14 ½ X 21 – Nombre de pages 89 .

    Préface Jean-Pierre Paulhac – Illustrations Jean-Claude Renaud – graveur-  

    Ce nouvel ouvrage de Gilles Simon « Un cœur résolu » est placé sous la plume sans concession, mais pertinente de Jean-Pierre Paulhac, ce qui attribue encore plus d’authenticité à l’œuvre de notre poète à l’âme ardennaise et sous la protection de la gravure symboliquement appropriée d’un maitre graveur, prince en sa discipline, Jean-Claude Renaud. Le premier contact avec ce nouveau recueil de Gilles Simon, laisse flotter comme des fragrances rimbaldiennes. Il faut dire que notre poète est imprégné du climat carolomacérien, pour avoir vécu sur les pavés de la place Ducale chère à Rimbaud. Les méandres de la vie placent parfois sur notre parcours de déroutants retours d’amour, flamme de liberté réanimée. Il arrive souvent que l’on se questionne, pourquoi ai-je agi ainsi plutôt que comme cela ? La destinée de la vie tient en peu de chose. Une décision, une illusion, une erreur, etc. La mémoire se fait juge de nos choix, nous conduisant quelques fois vers de lourds reproches. L’œuvre repose sur l’idéalisation d’une muse latinisée, Rosita, mais l’excès narratif a peut-être tendance à estomper le souffle poétique, voire à l’entraver. Nous sommes enveloppés par la longue trame nostalgique d’un amour en demi-teinte, un amour inachevé qui trop vite s’est perdu. Le poète s’imagine une espèce de noce symbolique où se mêlent gourmandise et charnel. Le désir de l’exclusivité, sentiment qui rend bien malheureux, transforme l’amour en tourment. Nous décelons dans cette poésie quelques langueurs proustiennes sensuelles. Le rythme des saisons est prétexte à faire réapparaitre celle qui est tant aimée, partout son image se dessine jusqu’à l’obsession. Sans cesse le cœur du poète est en déchirure dans l’inquiétude de la séparation, de la perte. L’enchainement et la succession des vers libres et irréguliers nous rapprochent petit à petit du sujet, jusqu’à découvrir un état de nostalgie pourtant rempli d’espoir. La femme devient un merveilleux jardin de convoitises où nous croisons en notre chemin de pèlerinage de belles images évocatrices et sensuelles. Pour retrouver sa belle, notre poète franchit mille ponts, le cœur gonflé d’espérance. Ici, rêve d’amour, utopie et désir inassouvi se mêlent. L’amour se teinte aussi parfois de nuances mystiques et de parfums précieux. Gilles Simon met l’amour en gerbe comme les blés d’or sous la caresse du vent, il le voudrait bon comme un pain rustique. Le choix d’une église pour consumer cet amour sacré n’est pas le fruit du hasard, c’est vouloir lui donner une profondeur ésotérique. Par l’amour le poète pense se détourner de la routine, prendre une voie nouvelle au goût de miel. Les chaleurs alcoolisées des sèves de l’été embrasent, enivrent les pulsions de l’amour avec toujours au cœur cette peur de la blessure définitive. Alors sur le parvis de l’église, le poète espère toujours étreindre le mystère d’Esméralda. 

    Michel Bénard.

    Parutions/Recensions*5

     

     

     

    Parutions/Recensions*14Recension : - Alain Le Cozannet«  L’œil »

    Préface de Rémi Kerfridin –

    Illustration de couverture de l’auteur –

    Format 14 ½ X 21 – Nombre de pages – 57- 2 -ème trimestre 2021 -

    Éditions les Poètes français –

    Ce nouveau recueil d’Alain Le Cozannet « L’œil » se révèle être un regard dédoublé, une sorte de challenge poético-pictural. Notre poète-peintre appartient à cette catégorie de créateurs qui essaient de peindre ce qu’ils ne peuvent pas écrire, pour mieux tenter d’écrire ce qu’ils ne peuvent pas peindre. Cette double vision peut s’expliquer d’autant plus et à juste raison, car Alain Le Cozannet qui fut psychanalyste portait à n’en pas douter un regard pénétrant sur l’intériorité de ses patients. C’est un peu l’œil du cyclope, perçant certes, mais vulnérable. Ce simple fait dépose un peu plus de lumière sur le mystère de sa création. Son préfacier Rémi Kerfridin nous le certifie : « Il y aura toujours de l’étonnement. » Ce n’est pas un vain mot, car entre une peinture échevelée par une gestuelle instinctive amarrée à l’art dit « brut » et une écriture déstructurée, décloisonnée, le béotien pourrait y perdre son latin. Le regard est insolite, il défie la réalité, prend les chemins de traverse. L’écriture cryptée est volontairement hermétique. Notre poète s’engage sur des voies de pluie hasardeuses au risque de s’égarer lui-même. Les textes courts, osent l’essentiel, et bien qu’ils n’en soient pas, s’apparentent aux haïkus, enfin une forme détournée, marque de fabrique de notre peintre-poète. Peinture et poésie se conjuguent dans un langage commun, provocateur, chargé de dérision surréaliste. Nous pouvons aussi y percevoir quelques résonnances de l’école pataphysique, certaines images sont d’une évidence déroutante : « .../...fini de frissonner la nature étale son rouge à lèvres. » ou encore : « .../... sur la rade glacée le rayon blanc de l’aurore pousse sa lumière délavée. » Son œuvre mêlée peut s’assimiler à un cri pariétal, une création abrupte, sans concession, excentrée, mais avant tout symboliquement libre dans sa conception. Sous le couvert de la provocation et de la dérision, il avoue être génial et mangeur de vie. Ce qui n’est pas sans me faire songer à Jean Dubuffet ou à Jean-Michel Basquiat. Mais afin de mieux situer l’insolite poète Alain Le Cozannet je citerai Alfred Jarry qui disait : « Dieu est le point tangent de zéro et de l’infini. » Étonnant, non !

    Michel Bénard.

    Parutions/Recensions*5

     Recension : JIN SIYAN « - Temple de l’instant - » 

    Ouvrage bilingue franco-chinois.

    Préface : Michel BENARD.

    Avant-propos : JIN SIYAN.

    Illustrations et photos Laure CHEN

    Editions les Poètes français – 4éme trimestre 2021.

    Format 14 ½ X 21 Nombre de pages 290

     

    Il y a toujours une flamme qui vacille mais brille dans la nuit, c’est une question de survie, où il faut protéger l’âme et la mémoire en tissant le lien opiniâtrement. Le dialogue poétique de Jin Siyan se révèle au lecteur comme un pèlerinage initiatique au cœur de la montagne, le but parait toujours lointain et pourtant à portée de la main. La dualité est toujours omniprésente, le noir est l’égal du blanc et la parole du poète englobe soudain l’univers. Dans ce « Temple de l’instant » nous sommes bien sur une voie initiatique au dialogue permanent se confondant en prière avec les étoiles. C’est une poèsie qui s’ouvre sur la grande communion universelle où tout est lié pour ne plus faire qu’UN, rien ne pouvant exister sans l’autre, où tout est enveloppé dans les lumières originelles.  Cet ouvrage est illustré d’œuvres à l’encre de Chine de Laure Chen désignée sous le nom de « l’oiseau » et qui n’ont rien à envier aux maitres de la haute tradition. Jin Siyan se fait ici porteuse et passeuse d’espoir en franchissant les lois universelles.« Poète sois de cendres illuminées. » Apprendre à se dépouiller, à se libérer du superflu et à porter le regard au-delà de l’horizon jusqu’à découvrir les paysages flottants des âmes. La poésie parfois peut nous conduire sur la voie de l’initiation où chaque acte soulève un questionnement. Jin Siyan est bien une poétesse qui porte en elle un volcan, une vie intense où se mêlent les anciennes légendes, les couleurs du monde, les rêves qui dansent jusqu’à devenir prière. Jin Siyan se met un peu en marge du monde et de ses turbulences, elle a besoin de méditer, de retrouver les bonnes mesures, de se rapprocher des authentiques valeurs, d’effleurer la vérité. Notre poétesse se situe entre deux mondes, encore celui des hommes, mais se confondant déjà avec les entités de la voûte céleste, alors que « l’Oiseau » guide l’écriture pour lui insuffler le dynamisme et l’énergie. « De l’absence de l’homme se prétendant source unique de tout sentiment naîtra Poésie pour animer la nature et le néant.../... » 

    Michel Bénard.

     

     Parutions/Recensions*5

     Parutions/Recensions*14Jean-Pascal Aner – Les pleurs du mâle et autres histoires de petites bêtes –

    Editions les Poètes français 2021 - Préface et illustrations de Marie-Claude Bosc –

    Format 15x21 – 59 pages

    Afin de mieux célébrer la parution du nouvel ouvrage de Jean-Pascal Aner – Les pleurs du mâle et autres histoires de petites bêtes – difficile de ne pas se référer à la préface pertinente de Marie-Claude Bosc, une amie artiste bien connue de la Société des Poètes français, venant malheureusement de nous quitter prématurément. Un solide lien d’amitié réunissait l’artiste illustratrice Marie-Claude Bosc et le poète fabuliste Jean-Pascal Aner. Pour s’être imprégnée    passionnément de l’œuvre de ce dernier elle y voyait comme souvent chez les fabulistes, un incroyable sens d’observation et de naturalisme dans le sillage des Ésope ou Jean de la Fontaine, jeu auquel se livre l’auteur afin de s’éloigner d’une façon ludique de sa facture habituelle. Il est bon de se remettre en question. La logique de ces histoires animalières est imparable, très significative du piètre comportement humain vis-à-vis de ses compagnons de route. Ainsi pareil au lion, l’homme est loin d’être aussi royal que nous aimerions le penser. Sans doute le monde animal est-il celui qui nous rapproche le plus de la grimace et de la pitoyable comédie humaine. La superbe, la gloire sont éphémères, ainsi le vieux coq comme l’homme décline doucement en perdant ses amis, amies et amantes indifférents allant caqueter déjà ailleurs. Jean-Pascal Aner nous transporte par des textes le plus souvent assez courts dans son tourbillon animalier, humoristique, rempli de bon sens et de dérision allant parfois jusqu’à l’émotion. Le poète nous rappelle aussi combien la vie est rude, qu’elle est aussi un extrême sacrifice ce qui n’est pas sans nous faire songer à son Manchot Empereur dont l’existence n’est qu’un glacial tourment.

    Michel Bénard.

     Parutions/Recensions*5

     

     

     

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