• Hommage à Victor Hugo

     

     

    MUSIQUE / mettez le son 

    Demain dès l'aube (poème) 

     

    Hommage à Victor Hugo

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    MICHEL  BÉNARD

    Hommage à Victor Hugo

    Victor Hugo, les prémices d’un humanisme en perspective.

     Prétendre situer ce géant et précurseur multidisciplinaire qu’était Victor Hugo soulève toujours un profond dilemme, une énigme, un long questionnement, car l’homme-poète côtoie l’universel, mieux vaut alors l’aborder degré par degré, thème par thème.

    Nous avions ici les années précédentes déjà évoqué Victor Hugo et le monde social, Victor Hugo et l’art, Victor Hugo et l’érotisme, Victor Hugo et le romantisme, mais aujourd’hui le sujet dans le contexte actuel s’impose de lui-même, nous survolerons Victor Hugo et l’humanisme.
    À ce titre, il nous semble qu’il serait au cœur même de l’actualité contemporaine devant ces montées des intégrismes de toutes obédiences, des fanatismes populistes aveugles et des manipulations de l’obscurantisme et de l’ignorance.

    L’engagement contre la misère :

    Très tôt, il se fit un fervent défenseur des droits de l’homme, du principe de la liberté, du combat social, il prêta sa voix aux exclus, aux faibles, aux exploités victimes d’un système totalement dépourvu, ou peu s’en faut, d’humanité.
    Il aimait à dire : « Je suis une conscience. », formule que nous pourrions rattacher à ce dessin bouleversant d’un bras tendu dans l’effroi souligné de cette mention lapidaire : « La conscience devant une mauvaise action. »
    Notre grand poète va mener une lutte opiniâtre contre la misère, il ne fut pas de ces versificateurs usant de belles formules hypocrites, vides d’authenticité et ne brassant que le vent de l’égocentrisme. Pour lui, la poésie se devait d’être une action, un levier de sensibilisation. Il utilisait le verbe comme une arme sociale, un bouclier humain.
    Il lança un jour au cours d’un débat, aux membres de l’Assemblée Législative : « Je suis de ceux qui pensent et qui confirment qu’on peut détruire la misère. »
    En ces périodes d’exode rural bouleversées par la révolution industrielle, où les nouvelles classes d’ouvriers qui travaillent dans des conditions effroyables n’ont même plus de quoi vivre et de manger à leur faim, la misère prédomine avec son cortège de drames humains qui se multiplient. Victor Hugo lance un cri dans son discours du 09 Juillet 1849 qui, à ce titre, est des plus révélateurs de sa détermination et il affirme haut et fort en d’autres termes, que la misère n’est pas une fatalité, mais vraiment un fléau social que l’on doit éradiquer.
    Ses romans, « Les misérables – Les travailleurs de la mer – L’homme qui rit- etc. » ne sont d’ailleurs qu’une succession de ses engagements, de ses combats militants face à cette grosse machine au service du capital et broyant aveuglément toute forme d’humanité sur son passage. Aujourd’hui devant le profil d’un futur très aléatoire, il aurait encore beaucoup à faire, car si les moyens ont changé, la déshumanisation numérisée est encore plus sournoise.
    A ce propos, son dessin « le fou » symbolise très bien les affres d’un système protégeant toujours les mêmes, c'est-à-dire ceux qui ont déjà tout au détriment de ceux qui n’ont rien. De semblables injustices peuvent aller jusqu’à conduire à la folie, au suicide même !
    Durant la rédaction de certains de ses romans, Victor Hugo se rendit à Lille au cœur même du monde ouvrier, des familles miséreuses condamnées à survivre sous le joug de conditions atroces.
    Au-delà de l’individu dans la souffrance, il voit la ruine et le déclin de toute la société.

     

    La défense des enfants :

    Les enfants eux aussi eurent une place importante dans ses prises de position, dans sa volonté de renverser la société de son temps et son système pernicieux bien établi, pire étatisé.
    Evoquant Victor Hugo à ce sujet, Théodore de Banville écrit qu’en « Poésie, l’enfant date de lui, et n’a commencé à vivre que dans ses œuvres. »
    Les enfants dans leur cortège de misère et de laissés-pour-compte sont omniprésents dans l’œuvre de Victor Hugo.
    Le poème – Mélancholia – est très révélateur et sans parler de la pauvre petite Cosette dans - Les Misérables -
    En évoquant les enfants broyés par le travail, aux mines, à l’usine, aux champs il écrira :

    « Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
    Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
    Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
    Dans la même prison le même mouvement. »

    Toujours à l’Assemblée Législative en Janvier 1850 il fut le premier à évoquer – Le droit de l’enfant – « En élevant l’enfant, nous élevons l’avenir. »
    Il s’insurgera contre le monopole de l’instruction favorable au clergé, absolument convaincu que c’est l’État qui doit dispenser l’enseignement gratuit et obligatoire. En cela, il sera aussi un précurseur de la laïcité dont le principe sera repris plus tard par Jules Ferry.

    Pionnier dans la reconnaissance des droits de la femme.

    Victor Hugo fera aussi de la défense des droits de la femme son combat, et en sera le porte-étendard.
    Dans – Actes et paroles – il écrira : « .../...donner pour contrepoids au droit de l’homme le droit de la femme. »
    A cette époque pas si lointaine, la femme est écartée de la vie sociale, politique, publique, elle n’existe pas, ne vote pas, ne possède pas, n’a aucun droit à la parole.
    Sur les problèmes de l’émancipation de la femme, il écrira une lettre très pertinente pour le journal – L’Avenir des femmes - « Il y a des citoyens, il n’y a pas de citoyennes. C’est là un état violent : il faut qu’il cesse. » « .../...éternelle esclave, éternelle sacrifiée, éternelle martyre, nous vous relèverons. »

    « Oh ! N’insultez jamais une femme qui tombe,
    Qui sait sous quel fardeau la pauvre âme succombe. »

    La seule égalité à cette époque de la femme avec les hommes était celle de la peine de prison.
    Victor Hugo ira aussi soutenir, à un congrès d’ouvriers à Marseille, la première organisation masculine à fonder une commission féminine. Il attisera également le courage de celles qui luttent à élever la femme dans la société, comme Louise Michel, Georges Sand etc.


    La prise de position contre l’esclavage :

    Autre majestueux cheval de bataille et non des moindres, son engagement virulent pour l’abolition de l’esclavage. La France comme bien d’autres pays d’Europe était porteuse d’un système colonialiste et esclavagiste bien rodé et malignement efficace, qui aujourd’hui nous apparaît comme une tache dans la mémoire collective.
    Dans son roman « Bug-Jurgal » Victor Hugo soulève ce lourd et grave cas de conscience.
    « Un seul esclave sur la Terre suffit pour déshonorer la liberté de tous les hommes. »
    Le rapport maître-esclave lui est inacceptable, la liberté doit demeurer intégrale, absolue, elle ne se monnaye pas, et ne supporte aucune concession.
    A force d’opiniâtreté, d’obstination en ce juste combat, il se rapprochera de son ami Victor Schoelcher qui finira par faire abolir l’esclavage dans toutes les colonies françaises. Dans l’enthousiasme et l’exaltation de la victoire il dira :
    « Avant la fin du siècle, l’esclavage aura disparu de la terre. La liberté est la loi humaine…la barbarie recule. La civilisation avance... »

    Le cauchemar du « meurtre légal » :

    Nous avons déjà été trop long alors pour conclure, nous évoquerons sans doute ce qui fut le plus présent et permanent de ses actes militants humanistes.
    La lutte acharnée contre la peine de mort qu’il ressent comme une preuve de barbarie d’État, une décadence sociale.
    « La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. »
    Il se doit de dénoncer le « meurtre légal. »
    Ici aussi ses romans seront marqués du sceau de sa mission salvatrice, nous pensons particulièrement à – Le dernier jour d’un condamné –, à – Claude Gueux –
    Cet engagement absolu chez Victor Hugo s’explique très probablement par le grand respect qu’il porte à la vie, et il plaide pour une société qui :
    « ../...ne doit pas punir pour se venger ; elle doit corriger pour améliorer.../.. »
    Il a composé sur ce thème deux œuvres graphiques particulièrement poignantes, – Le pendu – lorsqu’il s’insurgea contre la pendaison d’un condamné à Guernesey durant son séjour sur l’ile de Jersey, et – Une guillotine – où la tête de la victime est propulsée dans l’espace comme un terrifiant et hideux boulet de canon.
    Il traitera aussi d’autres œuvres sur le même sujet – Le gibet de Montfaucon – Les têtes sur des pieux – L’ombre du mancenillier – (considéré comme l’arbre de la mort)
    A son regard et avec sa conscience, il soutient que tuer celui qui tue ne fait qu’entretenir un cercle vicieux qui remet en cause toute notion de civilisation.
    Oui ! Victor Hugo, véritable porte-parole de l’humanité, aura toute sa vie durant recherché comme l’a si bien exprimé Léopold Sédar Senghor : « Cet humanisme intégral qui se tisse autour de la Terre, cette symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races qui se réveillent à la chaleur complémentaire. »


    Michel Bénard

    chevalier des arts et lettres

    lauréat de l'Académie française

     

    NB : Ouvrages consultés.

    Romans : Bug-Jargal - Le dernier jour d’un condamné – Claude Gueux – Les Misérables – Les travailleurs de la mer – L’homme qui rit –

    Poésie : Les Orientales – Les chants du crépuscule – Les voix intérieures – Les contemplations –

    Victor Hugo dessinateur «  La guilde du livre – Lausanne »

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Boeswillwald Christi
    Samedi 21 Octobre à 17:58

    Un magnifique texte dans le miroir de notre actualité, écrit avec sobriété et talent, pour ce géant de notre littérature...

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